Mon amie Borderline

J’ai la quarantaine et je vis emprisonnée par mes émotions depuis mon adolescence. Elles régissent ma vie mélangée à de l’impulsivité et une colère tapie dans l’ombre que j’ai étouffée pendant des années car elle me faisait peur.  Ce trouble est devenu moi au fils des années. Je me suis persuadée que mes sauts d’humeur, mes émotions incontrôlables, mon sentiment de vide faisait partie de moi, de ma personnalité. Je n’ai été diagnostiquée qu’il a 3 ans.

J’ai toujours passée entre les gouttes sur le plan médical ou plutôt aucun médecin n’a vraiment pris la peine de m’écouter.  Je vis un mal-être depuis si longtemps que c’est devenu une habitude, voire même une résignation.

Mais commençons par le début : Je suis enfant unique, je suis ce que l’on appelle une hypersensible, je vous laisserai lire mon article parlant de cette particularité:  https://sainedevie.com/category/lhypersensibilite/.

A l’âge de 15 ans, j’ai fait une très mauvaise rencontre, j’étais déjà fragilisée par des problèmes familiaux. Je suis tombée amoureuse d’un charmant jeune homme. Des yeux et un sourire charmeur, il avait 18 ans. Dès le début de notre histoire, la maltraitance s’est installée au sein de notre couple. Il me manquait de respect, m’utilisait comme un objet pour assouvir ses besoin. Ne me demandez pas pourquoi je suis restée même si je savais au fond de moi, que ce que je vivais n’était pas juste.

Notre relation s’est petit à petit envenimée. Je sentais au fond de lui une violence extrême, il aimait les arts martiaux et collectionnait les armes blanches.  J’avais peur de lui. Il ne supportait pas la frustration et surtout que je lui dise non…….et ceci dans tous les domaines……il me faisait surveiller par ses amis, il me trompait, il me plaquait contre les murs, je me suis retrouvée avec un couteau sous la gorge, tout ce que je disais ou faisait ne lui convenait pas mais surtout il abusait de moi sexuellement. Ce n’était pas des viols proprement dit mais c’était extrêmement vicieux. Il m’empêchait de dormir, me traitait de tous les noms ou me disait simplement que je n’était pas normale de ne pas avoir d’envie, jusqu’à ce que je lui cède. Mon propre plaisir n’avait aucune importance à ses yeux, je devais être gentille et docile ce que je suis devenue car je craignais tout simplement pour ma vie……..J’ai développé beaucoup de subterfuges pour ne pas aller me coucher comme par exemple de rester très longtemps dans la salle de bain en espérant qu’il s’endorme ou alors je lui parlais de mes cours d’anatomie…j’avais des menstruations qui duraient très très longtemps etc. J’ai supporté cet enfer durant 4 longues années. Je n’en parlais à personne car j’avais honte.

A 19 ans, il m’a quitté et j’ai sombré dans la dépression. Personne dans le milieu médical m’a demandé ce que j’avais vécu. J’étais incapable d’en parler spontanément car je minimisais ce qui m’était arrivé.

J’ai fais une tentative de suicide à 20 ans mais où j’habitais faire cela à ses parents étaient honteux…..une infirmière sans aucune psychologie me l’a « gentiment » fait remarquer et retour à la maison sans même passer une nuit à l’hôpital alors que je ne parvenais pas à tenir debout et à m’exprimer correctement….

Je me suis reconstruite comme j’ai pu, avec des hauts et des bas et surtout beaucoup d’anti-dépresseur. Mon trouble a commencé à ce moment là.

J’en parlerai et continuerai dans un prochain article.

D’ici là, prenez soin de vous.